La motivation vue par les psychologues humanistes

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Qu’est ce que la motivation ?

Plusieurs éléments rentrent en compte dans cette définition. Il y a des aspects inconscients et des aspects conscients. Notre travail consiste à allier les deux lors de nos accompagnements.

La motivation est un terme couramment utilisé à notre époque. Cependant, les essais d’explication du désir, de la volonté, ou encore de la passion humaine qui poussent une personne à l’action, remontent à l’Antiquité. Les modèles théoriques sur la motivation foisonnent depuis le début du XXème siècle, prenant leurs racines scientifiques dans la psychologie comportementaliste.

Nous nous intéresserons plus particulièrement à la conception de Vallerand et Thill[1] qui considèrent que « Le concept de motivation représente le construit hypothétique utilisé afin de décrire les forces internes et/ou externes qui produisent le déclenchement, la direction, le changement, l’intensité, la persistance et la fin du comportement ».

Dans ce volet, vous est présentée la motivation vue par les théoriciens humanistes.

Rogers (2005)[2] part du concept de la personne pleinement fonctionnelle. Selon lui, nos réactions ne seraient pas causées par le monde extérieur mais par les perceptions que nous avons de ce monde. C’est à partir de nos expériences vécues et des

grandir et se développer
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perceptions de ces expériences que se développerait le concept de soi. Une fois ce concept formé, le sujet tenterait de protéger et d’améliorer cette représentation de soi. L’individu serait mû par une force innée visant à augmenter et protéger sa valeur personnelle. Cette tendance à croître, à changer et maintenir l’image qu’il a de lui-même, s’appelle la « tendance à s’actualiser ». La personne pleinement fonctionnelle aurait une grande ouverture à l’expérience, vivrait pleinement son existence et aurait davantage confiance en son organisme grâce à la prise en compte des émotions. Il existerait en chaque individu une force qui le pousse vers la croissance et la santé physique et mentale.

Ce qui signifie que certaines personnes tels que les entraineurs et les sportifs par exemple, vont s’investir entièrement dans une activité qui fait sens pour eux notamment en termes d’apport identitaire. Ceci est illustré quotidiennement par les sportifs que je suis qui peuvent avoir tendance à se décrire uniquement par rapport à leur appartenance sportive (« je suis lutteur ») sans mentionner ni se rattacher à d’autres sphères de leur vie et de leur personnalité (« étudiante en kiné » ; “père de deux enfants… »). L’appartenance à un club reconnu ou une élite telle qu’une équipe nationale, vient comme un élément supplémentaire qui fait sens dans leur construction identitaire.

Maslow (dans Vallerand, 1993) a proposé une théorie selon laquelle le besoin de développer son potentiel et de s’auto-actualiser est l’un des fondements de la motivation humaine. Selon lui, la personne serait comme une globalité dont le but ultime est de rehausser l’estime personnelle. Il identifie les besoins humains, hiérarchisés sous la forme d’une pyramide. Les quatre premiers besoins sont prépondérants et sont activés par des états de privation alors que le besoin d’actualisation est satisfait après les autres et il est activé par un désir de croissance et de développement.

La personne auto-actualisée serait plus adaptée à la réalité, aurait une meilleure acceptation de soi et des autres et serait plus ouverte et créative (ex : un judoka qui aime apprendre de nouvelles techniques et invente ses propres enchaînements). Cela rejoint la pensée Rogérienne. Cependant, pour Maslow, tout individu a un potentiel à s’auto-actualiser.

Nous remarquons donc qu’il existe une conception de l’individu comme acteur de son existence et capable de croître constamment. Il s’impliquerait dans une activité afin d’être compétent ou afin de se sentir la cause de son comportement. Il ressentirait du plaisir à faire cette activité, ce que d’autres théoriciens nomment la motivation intrinsèque (Vallerand, 1993).

Anaëlle Malherbe

[1]Vallerand & Thill (1993), p18. Introduction à la psychologie de la motivation. Vigo

[2] Rogers, C. (1961, 2005) Le développement de la personne. Paris : InterEdit ions

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