Principes pour améliorer sa motivation

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Dans la continuité des articles précédents, voici des  éléments concrets permettant de développer la motivation. Les schémas ci-dessous s’inspirent des théories de Deci et Ryan (1993).

L’autonomie perçue

 

motivation autonome

L’idée principale est de permettre au sportif de se sentir autonome, donc à l’initiative de son engagement. Selon les âges, le sport et la personnalité, les besoins d’autonomie évoluent.

 

Locus de contrôle :

  • Signifie que vous vous sentez à l’initiative d’une action.

 

Le sentiment de liberté:

  • Fait référence à l’impression d’être libre soit dans ses choix soit dans la manière de faire.

 

La perception de choix:

  • Elle est en lien avec la possibilité à minima de pouvoir choisir entre deux choses/actions.

 

Ces trois sous ingrédients assez proches, alimentent le sentiment d’autonomie et donc la motivation.

 

  • Pour un groupe d’adolescents faisant du handball, l’entraineur peut par exemple dispatcher des responsabilités à chacun de ses joueurs, ces responsabilités étant acceptées (et idéalement déterminées) par le sportif.

 

  • Avoir certaines séances libres, pouvoir se charger de son propre échauffement, trouver ses solutions stratégiques ou techniques, avoir la possibilité de choisir entre plusieurs options données par l’entraineur, sont autant d’éléments qui développent le sentiment d’autonomie et donc la motivation. Le sportif est responsabilisé et libre d’agir selon un cadre structuré.

 

  • En début de saison, un entraineur qui fixe le cadre avec ses athlètes, explicite ainsi les règles de fonctionnement qui permettront à chacun de s’entrainer dans le respect mutuel tout en donnant un référentiel commun. Le cadre dé référence aide tout un chacun à se structurer, que ce soit un enfant, un adolescent ou même un adulte. Lorsque le cadre est clair, les règles ne changent pas et les limites restent flexibles. Ce type de fonctionnement créé un espace de liberté sécurisant qui pousse le sportif à l’action. Il est plus facile d’être proactif lorsque nous évoluons dans un cadre sécurisant prônant l’autonomie.

 

Voici trois schémas qui illustrent cette idée:

 

Le cadre participatif :

leadership sport

 

 

  • Autonomie
  • Responsabilité
  • Sentiment de sécurité grâce aux limites structurantes
  • Motivation
  • Créativité
  • Flexibilité et possibilité de mouvoir les limites en fonction de l’évolution personnelle et des changements environnementaux

 

 

 

 

Le cadre du laisser faire:

leadership lacher prise

 

  • Manque de cadre
  • Dépassement des limites
  • Potentiel vécu d’insécurité
  • Potentielles difficultés relationnelles
  • Débordement émotionnel

 

 

 

 Le cadre autoritaire:

 

leadership autoritaire

 

  • Performances potentielles à court terme
  • Manque d’initiative
  • Baisse de la motivation et du sens dans la pratique
  • Manque de responsabilisation
  • Peu de curiosité et de recherche de solution

 

 

 

Ces trois schémas représentent en partie les trois types de fonctionnements que nous pouvons retrouver dans le fonctionnement d’une organisation (équipe, éducation des enfants, entreprise etc.).

 

Le sentiment de compétence:

Ce second schéma met en exergue l’importance du sentiment de compétence dans la motivation. Plus nous avons l’impression d’avoir un impact sur notre environnement, plus nous ressentons une satisfaction liée à un sentiment de compétence.

Trois ingrédients augmentent ce sentiment :

 

Le défi optimal:

 

Le défi optimal est une des clefs de la fixation d’objectif. Il correspond à un équilibre entre un objectif suffisamment difficile pour être challengeant et motivant, et un objectif qui soit atteignable.  Ce type de but permet de se voir progresser. En effet, un objectif trop difficile induit un sentiment d’échec. Il peut aussi correspondre à une stratégie défensive pour se préserver de l’échec : « Normal que j’ai loupé, marquer un lancer franc toutes les deux minutes c’était infaisable ».

Un objectif trop facile préserve aussi l’ego du sportif qui appréhende l’enjeu ou les conséquences d’un échec. Ce type d’objectif ne promeut pas la progression et induit à moyen terme une baisse de motivation.

 

La tolérance à l’échec:

 

Apprendre à tolérer l’échec passe par un débriefing régulier avec le sportif, lui demander ce qu’il a ressenti, ce qu’il attendait et comment il évalue sa performance. Tous ces éléments donnent des informations sur son besoin et sa manière de vivre la situation. L’idée est d’enseigner au sportif comment tirer des leçons et faire émerger des solutions dans l’optique d’améliorer sa performance. La défaite est source d’informations et de pistes d’évolution. Comprendre une défaite c’est transformer un échec en leçon d’apprentissage et donc sortir grandit de l’expérience vécue.

 

Amener le sportif à débriefer de sa compétition, quelque soit le résultat, est une manière de le faire progresser sur cet aspect : il pourra évaluer sa progression, l’atteinte ou non de ses objectifs de maîtrise et les  nouveaux axes de travail.

 

La structure du feed-back:

 

Le chrono, l’évaluation de ses objectifs via une échelle, le retour d’un entraineur, son ressenti, etc. sont autant de types de feed-back possibles.

En ce qui concerne le retour de l’entraineur, il est préconisé qu’il soit sincère, constructif et donnant des pistes d’amélioration de manière positive.

Coach 1 : « T’es nulle, cadre ton tire et concentre toi » : Est un feed-back dévalorisant qui ne donne pas de piste réelle d’amélioration.

Coach 2 : « Bien tenté. La prochaine fois tire la manche de ton adversaire avant de commencer la rotation de ta jambe d’appui. Tu y arriveras mieux ! » : Est un feed-back constructif et donnant des améliorations précises.

 

  • Le chrono, la fixation d’objectifs chiffrés (ex : tenir trois round entiers, faire 5 tirs cadrés sur 7, lancer trois attaques de hanches par combat etc.) sont des moyens objectifs d’évaluer l’évolution de sa performance.

 

  • Se focaliser sur ses propres sensations peut également s’intégrer à un feed-back qui sera cependant plus subjectif.

 

L’appartenance:

cohésion équipe

Ce dernier schéma s’intéresse à l’aspect relationnel dans la motivation. Il y a trois degrés différents.

Les interactions:

  • Ce sont les échanges conventionnels avec autrui.

Le sentiment d’appartenance:

  •  Il correspond au sentiment d’être accepté et respecté en tant que personne.

La relation attentionnée:

  • C’est le niveau le plus élevé du sentiment d’appartenance. Le sportif / l’entraineur donne et reçoit sans rien attendre en retour. Le respect mutuel est instauré et chacun se sent apprécié dans sa propre individualité, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a ou ce qu’il fait en termes de performance.

 

Construire une ambiance conviviale et collaborative est un bon moyen pour développer des relations attentionnées et un sentiment d’appartenance. Cela est d’autant plus important pour un public féminin.

 

Conclusion :

 

  • Améliorer sa motivation intrinsèque est possible en agissant sur le sentiment d’autonomie, le sentiment de compétence et celui d’appartenance !

 

  • Ces trois besoins sont à la fois propres à chacun et présents chez tous.

 

Anaëlle Malherbe

 

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