Les différentes motivations dans le sport

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L’autodétermination

Ce modèle théorique apporte un éclairage intéressant par rapport aux tenants motivationnels qui amènent une personne à s’engager dans une activité spécifique.

Dans ma pratique, je trouve que la question du sens est au centre de toute la démarche d’accompagnement. Et derrière la question du sens, il y a le plaisir et donc la motivation intrinsèque.

Pour faire suite à l’article précédent il y a une sorte de continuum de la motivation, comme des degrés qui vont de l’absence de motivation à la motivation intrinsèque.

autodetermination sport

L’amotivation:

Il s’agit de l’absence totale de motivation.

Ex : Un athlète nommé Stéphane qui pratique car son père l’y oblige mais qui n’en retire aucun plaisir.

La régulation externe :

Elle correspond à un engagement lié à des éléments extérieurs comme des aspects matériels ou financiers. A ce stade, une personne ferait une activité sous la contrainte et dans le but d’éviter une sanction potentielle par exemple.

Ex : Ce même athlète qui va aux entrainements pour éviter que son père lui supprime ses loisirs le weekend.

La motivation externe introjectée :course

Elle commence à intérioriser certaines contraintes ou injonctions externes. A ce niveau, un athlète peut, par exemple, pratiquer son sport car il souhaite faire plaisir à ses parents.

Ex : Stéphane  fait des courses car il se dit que cela est bien pour sa santé ou que cela fait plaisir à un membre de sa famille. 

La motivation externe intégrée :

C’est le degrés le plus haut de la motivation extrinsèque où l’individu s’approprie l’action et trouve des bénéfices complémentaires à la pratique de son activité.

Ex : Stéphane pratique en compétition car cela lui permet de développer sa confiance en lui et il en retire une grande satisfaction.

La motivation intrinsèque :

« La motivation intrinsèque [qui] est le prototype de l’autodétermination et représente un engagement par intérêt et plaisir »[1].

Cette motivation est l’essence même de la pratique, c’est donc celle que nous cherchons à préserver ou à faire revivre chez les sportifs. Elle est propre à chacun. Certains aiment le trail car ils apprécient le dépassement de soi physique et mental et le fait de pouvoir « déconnecter« , en étant au contact de la nature. D’autres préfèreront un sport collectif pour le plaisir du jeu d’équipe, la cohésion et le fait de s’investir pour un objectif commun. Tandis que certains escrimeurs aimeront les sensations d’explosivité et de combativité lors des matchs.

motivation intrinsèque

Il existerait plusieurs types de motivation qui correspondent à des driveurs différents.

  • MI liée à l’accomplissement (progrès, apprentissage, maîtrise de la tâche),
  • MI liée à la connaissance (découverte, curiosité, exploration),
  • MI liée à la stimulation (plaisir ressenti lors de la pratique, sensations),

Ainsi, écouter les personnes qui nous entourent, que ce soit dans le milieu sport, dans notre vie personnelle ou en entreprise, permet de connaitre les drivers motivationnels de chacun.

Un jour, un sportif de haut niveau m’expose sa difficulté à être « agressif » comme lui demande son entraineur. Dans son sport de combat, l’agressivité est perçu comme étant une clef de voute de la performance, et pourtant… l’aversion à l’égard de cette émotion l’amène à être parfois « trop gentil » avec ses adversaires. En travaillant sur le sens qu’il donne à la pratique de son sport, il en ressort un aspect esthétique, éthique et moral. C’est-à-dire que pour lui, les valeurs du respect de l’autre l’amènent à adapter son niveau à celui de son adversaire, et qu’il ne conçoit pas la pratique de son art en cherchant à « détruire l’autre, le mettre la tête dans le tapis, l’enfoncer ». Sachant cela, nous avons adapté le langage et demandé à son coach qu’il en fasse de même. « Détruire l’autre » devient « Mettre de l’impact sur la fin du mouvement, et se donner à fond jusqu’au bout ». Ces termes sont en correspondance avec sa vision et ses valeurs, et ont la même finalité sans pour autant incorporer un versant agressif et destructeur vus sous un angle péjoratif par ce sportif de haut niveau. Sa motivation liée à la maitrise de son sport et au développement de nouvelles techniques est une motivation intrinsèque qui est l’essence même du plaisir qu’il retire à pratiquer son sport au jour d’aujourd’hui.

Anaëlle Malherbe

[1] ( Carré &Fenouillet, 2009, p51).

 

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